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02/03/2026
29/09/2018

Les enfants ont-ils besoin d'être entendus ? Tout sur les droits auditifs des enfants.

Les enfants ont le droit d'être entendus par le tribunal

Le principe de base du droit d'être entendu des mineurs se trouve à l'article 1004/1 du Code judiciaire et s'énonce comme suit :

« Tout mineur a le droit d'être entendu par le juge dans les affaires qui le concernent, à l'exception des demandes relatives aux obligations alimentaires et des demandes purement financières ou patrimoniales qui n'affectent pas directement le patrimoine du mineur. Il a le droit de refuser d'être entendu. »

Le mineur a donc le droit d'être entendu, mais d'un autre côté, il a aussi le droit de refuser d'être entendu.

En outre, le droit du mineur à être entendu diffère selon qu'il a moins de 12 ans ou non. A partir de 12 ans, le juge invitera toujours l'enfant à être entendu. En dessous de douze ans, ce n'est pas le cas.

Nous abordons ces deux situations dans le présent Wanted Fact.

Enfants de moins de douze ans

La loi n'exclut pas que les enfants de moins de 12 ans soient également entendus par le tribunal.  Contrairement aux plus de 12 ans, un mineur de moins de 12 ans ne peut être entendu que si quelqu'un le demande.  La demande peut émaner du mineur lui-même, des parties à la procédure (généralement les parents) ou du procureur. Le juge peut également demander à entendre le mineur, c'est ce que l'on appelle « l'audition d'office ».

Le droit auditif du mineur de moins de 12 ans est moins absolu que celui du mineur âgé de 12 ans ou plus. Le juge peut refuser la demande de faire entendre le mineur, sauf si la demande émane du mineur lui-même ou du procureur. En cas de refus, le juge doit toujours en donner les raisons.

Enfants de douze ans ou plus

A partir de 12 ans, le mineur a toujours la possibilité de parler au juge. En effet, la loi oblige le juge à informer le mineur de plus de 12 ans de son droit à être entendu. 

Toutefois, le mineur n'est pas obligé d'accepter l'invitation à une audition. Il est libre d'exercer son droit d'être entendu. 

En outre, le juge n'est pas obligé d'entendre le mineur si celui-ci a déjà été entendu au cours de la procédure, par exemple en première instance.  Mais lorsqu'il y a un élément nouveau qui justifie une audition, le juge est à nouveau obligé d'entendre le mineur.

De quoi le juge discute-t-il avec le mineur ?

Le juge n'entend le mineur que sur les questions relatives à la situation et à l'organisation du ménage, telles que l'exercice de l'autorité parentale, l'arrangement de résidence et le droit au contact personnel. Sur les questions financières, le juge ne s'adresse pas au mineur.

L'entretien a lieu au tribunal de la famille, souvent dans une pièce séparée, en présence du juge et du greffier. Les parents ou d'autres membres de la famille ne peuvent pas être présents lors de l'entretien. Le mineur peut désigner sa propre personne pour suivre l'entretien, mais cette personne ne peut pas être un parent ou un grand-parent

Le greffier rédige un rapport de l'entretien entre le juge et l'enfant, qui est joint au dossier. Les avocats et les parents peuvent consulter le compte-rendu par la suite. Ce rapport reflète fidèlement les propos du mineur. Toutefois, le mineur peut aussi demander que certains éléments ne figurent pas dans le rapport. Dans ce cas, le juge respectera cette demande et n'en fera pas mention. Le mineur peut même demander que toute la conversation reste confidentielle. Dans ce cas, il n'y aura aucune trace de la conversation entre le juge et le mineur !

Quelles sont les conséquences de l'interrogatoire pour le mineur ?

Le mineur ne devient jamais partie au procès dans lequel il est impliqué en tant qu'enfant mineur, y compris par son interrogatoire. Ainsi, l'enfant ne peut pas demander certaines choses auxquelles le juge doit ensuite répondre de manière motivée, ni faire appel de la décision finale du juge. 

Le juge tiendra compte de son avis et le fera en fonction de son âge et de sa maturité. Le législateur entend par là que l'enfant n'a pas de droit de veto. Le juge tient compte de l'avis de l'enfant, mais n'est pas tenu de le suivre. Le juge prendra une décision conformément à la loi et en tenant compte de tous les avis sur le dossier, mais toujours dans l'intérêt supérieur de l'enfant.

A quoi ressemble l'invitation du juge ?

Lorsque le juge aux affaires familiales décide qu'un mineur peut ou doit être entendu, ce dernier reçoit une convocation sous la forme d'une lettre adaptée aux enfants. Le juge utilise un modèle légal, dont la version la plus récente a été modifiée par l'arrêté royal du 17 juillet 2024.

Dans cette lettre, le juge explique en termes simples :

  • pourquoi il souhaite s'entretenir avec le mineur et ce que ce dernier juge important ;
  • que le mineur est libre de décider s'il souhaite assister à l'audience (et n'y est donc pas obligé) ;
  • comment le mineur indique s'il souhaite ou non assister à l'audience (au moyen du coupon-réponse joint à la lettre, à renvoyer par courrier ou par courriel dans le délai imparti) ;
  • le lieu et les modalités de l'audience (généralement dans une salle calme du tribunal, et non dans une grande salle d'audience, et séparément de la rencontre avec les parents).
  • Un compte rendu sera établi après l'entretien et versé au dossier (le mineur ayant la possibilité de demander des corrections). Les parents et/ou leurs avocats pourront consulter ce compte rendu.
  • Le juge tranchera en dernier ressort et n'est donc pas tenu de suivre l'avis ou les souhaits du mineur.

La convocation sera envoyée à l'adresse où se trouve le mineur (chez l'un de ses parents ou, le cas échéant, à son lieu de résidence habituel). Un formulaire de réponse, sur lequel le mineur indiquera s'il souhaite s'entretenir avec le juge, sera joint à la lettre.

Contactez Wanted Law!

Vous vous posez encore des questions sur les droits d'audition des mineurs ou vous êtes vous-même impliqué dans une procédure familiale où les enfants doivent être entendus.  Contactez-nous sans engagement !  Nous pouvons peut-être vous aider davantage.

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